Polyergus rufescens

(Latreille, 1798)

Ouvrières

L. 5-7 mm. Entièrement rouge-orangé clair dans les régions froides, souvent rouge brun mat dans la région méditerranéenne et les Pyrénées. Mandibules et aire frontale très luisantes, gastre un peu luisant.

Reine

L. 7,8-9,5 mm. Scutellum et limites des segments du thorax souvent rembrunis, le reste comme chez 1'ouvrière. Généralement, une seule reine par nid.

   

Mâle

L. 6-7,2 mm. Noir, pattes brunes, tegulae et pièces génitales jaune pâle. Corps mat, sauf le gastre qui est luisant. Ailes presque incolores.

 

Toute l'Europe centrale, et Europe méridionale en partie. En France, partout jusqu'à 1 800 m d'altitude, mais assez rare dans la région méditer­ranéenne et les Pyrénées. A Banyuls, je ne l'ai trouvé que dans certains bois de Chênes, et à Fréjus (Var), il paraît absent. Aux environs de Marseille, fréquent dans les prairies arrosées (F. Bernard). Assez commun dans les grandes forêts de plaine et des Alpes, un peu moins répandu en prairie. En Italie, finit vers le Sud à Bologne et à Sienne. Probablement absent en Corse.

Biologie

Cet Insecte si visible a fait l'objet de nombreuses publica­tions, et l'on se contentera ici des principaux faits. P. rufescens prend comme esclaves des Serviformica variés, y compris cinerea, et l'on peut en trouver plusieurs espèces dans chacun de ses nids. Par exemple à Las Illas (frontière espagnole près de Céret (Pyrénées-Orientales), Le Masne et moi l'avons vu héberger à la fois Formica rufibarbis et F. fusca.

Dix observateurs, depuis Huber (1810) ont particulièrement suivi cet Insecte. Il convient de citer principalement Wasmann (1890 à 1909). Le nid est toujours sous les pierres. Les esclaves signalés sont Serviformica rufibarbis (le plus fréquent en Hollande), fusca, cunicularia, lemani et cinerea (ces deux derniers vus par moi à Fabian (Hautes-Pyrénées). Des Formica vrais, surtout F. pratensis (= nigricans ? = lugubris ?) sont cités par Was-mann, Raignier et Forel. En 33 jours, un nid d'Amazones peut voler jusqu'à 40 000 larves et cocons de ces espèces. Ici donc, les larves sont dérobées, non point seulement les cocons comme pour F. sanguinea. Les nids pillés peuvent être à des centaines de mètres de celui de Polyergus, dont les ouvrières suivent les mêmes chemins de raids pendant des mois. La colonne pillarde peut avoir 60 cm de large, soit 15 ouvrières sur le même front. D'après Forel les raids ont surtout lieu en plein jour et durent deux à six heures. J'en ai observé au coucher du soleil dans les Pyrénées.

La fondation, beaucoup moins pacifique que chez sanguinea, comporte la décapitation de la reine de l'hôte, quand elle existe. Par exemple, nous avons trouvé aux environs de Lyon un nid de F. fusca contenant deux reines tuées de cette espèce et une reine vivante de Polyergus. Les Serviformica étant peu combatives, il semble que la pénétration des reines d'Amazones dans leur société réussisse souvent. On n'a jamais signalé de cohabitation de reines de l'hôte avec celle de l'esclavagiste.

Bibliographie


LES FOURMIS D'EUROPE - FRANCIS BERNARD

Up

RETOUR