Formica lemani (Serviformica)

(Bondroit, 1917)

Ouvrières

L. 4,4-6,5 mm. Couleur de fusca, mais le gastre un peu plus cendré, le reflet bronzé de la tête et du gastre plus luisant, la ponctuation céphalique plus visible, les ouvrière minor moins petites.

Reine

L. 7-10 mm. Poils du pronotum, au moins en son milieu, longs et assez denses jusqu'à son bord postérieur. Reflets bronzés bien plus accentués que chez fusca, surtout sur le gastre. F. lemani est un des rares Serviformica montrant parfois de nombreuses reines dans le nid.

   

Mâle

L. 7-9 mm. Les poils de l'écaillé sont le meilleur caractère car les genitalia, assez variables, diffèrent peu de ceux de fusca. Des hybrides entre ces deux Fourmis sont donc fort possibles, mais tous les 200 exemplaires de lemani vus par moi sont entièrement déterminables comme tels.

 


Les types sont du Canigou (Pyrénées-Orientales, Bondroit, déposés au Muséum de Paris). Cotypes du Jura : Chaux-Neuve (Bondroit).

Très commune en France au-dessus de 1 800 m et jusqu'à 2 600. Trouvée parfois plus haut, par exemple à 3 000 m près du sommet du pic de Néou-vielle (Hautes-Pyrénées, F. Bernard) et à plus de 3 000 m à la station Gorner-grat du téléphérique de Zermatt (Valais, Kutter). Au-dessous de 1 800 m, reste fréquente dans des stations très humides (près des torrents), ou très ombragées (bois de Hêtres) ou très éventées. Le minimum d'altitude continentale en France est jusqu'ici au sommet du pic Bouléric (1 010 m) près de Céret (Pyrénées-Orientales, F. Bernard). C'est la Fourmi la plus mon­tagnarde de notre pays. Ne se trouve en plaine qu'en Ecosse, Irlande, Scan­dinavie et Russie Nord. En Belgique, commune dans les Hautes Fagnes, de 600 à 900 m (Bondroit). Toute la zone arctique, et sans doute aussi néarctique. Présence à confirmer dans les hautes montagnes du sud de l'Europe. Récemment trouvée en Corse : Tarunato, région d'Ajaccio (Bon-fils, mai 1957) où elle peut descendre à 400 m le long des torrents. En Italie nord (Cervinia, F. Bernard 1965) ne dépasse guère 2 400 m.

Biologie

Fourmilières nettement moins fécondes et moins étendues que celles de fusca, plus rarement polycaliques. Les nids les plus fréquents ne montrent que 300 à 3 000 ouvrières. Ils contiennent force débris végétaux (feuilles de Salixet de Rhododendron surtout) dans les Pyrénées, moins dans les Alpes où pourtant le climat est plus froid. Cela indiquerait que la race pyrénéenne est plus sensible au froid et ne survit qu'en se protégeant d'un tapis de feuilles. Nymphes toutes en cocon, au moins dans les nids observés par moi en France et en Suisse. Essaimage en juillet-août.

L'écologie est bien distincte de celle de fusca. Nettement moins calcicole, lemani pullule sur granité et sur pentes faibles, ne recherche le calcaire qu'au-dessus de 2 200 m, ce substratum étant trop chaud pour elle plus bas. Cet Insecte fait 8 % des nids dans l'ensemble de nos montagnes méridio­nales entre 1 000 et 3 000 m, et souvent 80 à 100 % des nids au-dessus de la limite des forêts, où elle n'a plus comme concurrents que Tetramorium, Leptothorax acervorum et quelques Myrmica. Évite les tourbières.

Bibliographie


LES FOURMIS D'EUROPE - FRANCIS BERNARD

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