Reproduction

L'ESSAIMAGE

Les fourmilières atteignent leur maturité quelques années après leur fondation et produisent alors une ou deux fois par an des sexués ailées. Arrive alors le jour de l'essaimage qui peut être étalé du printemps à l'automne lors de soirées chaudes et orageuses. On observe alors à la surface des fourmilières ainsi que sur la végétation alentour une foule d'individus ailés, bien plus grande que les ouvrières, courant dans tous les sens en proie à une agitation fébrile : ce sont les sexués.

Envole d'une princesse Essaimage au bout d'une plante

 

Ils grimpent le long des tiges et arrivés au sommet s'élancent dans l'air. En général, les males s'envolent en premier suivis bientôt par les femelles. Comme chaque colonie produit en moyenne plusieurs milliers d'ailés et que toutes les fourmilières de la même espèce essaiment simultanément, il se constitue un immense essaim.

La plupart du temps, l'accouplement s'effectue en l'air : chez les petites espèces comme Lasius Niger, Tetramorium ou Solenopsis, ou la femelle est bien plus grande que le male, celle-ci emporte alors son compagnon sur le dos (parfois plusieurs males en même temps).

Princesses et Mâle

Les espèces plus grande ou celles dont la taille des deux sexes est semblable s'accouplent au sol.

Accouplement au sol de

Le vol nuptial est toujours de brève durée, une heure au plus, et chaque femelle s'accouple pendant ce temps avec une dizaine de males. Elle accumule ainsi dans sa spermathèque une réserve de spermatozoïdes qui lui servira jusqu'à la fin de ses jours. La fécondation d'une reine ne se fait donc qu'une fois pour toute la durée de sa vie sauf pour les reines de Dorylides, Anomma et Eciton qui sont toujours accompagnés de males qui les fécondent périodiquement.

 

L'essaimage s'accompagne d'une véritable hécatombe : les males périssent dans les deux ou trois jours qui suivent le vol nuptial (ils sont incapables de rejoindre le nid) et les reines sont la proie de prédateurs comme els oiseaux ou insectes entomophages.

En définitive, seul un nombre infime d'entre elles réussira à fonder une colonie (environ 1/1000)

LA FONDATION DU NOUVEAU NID

On distingue 2 grands types de fondation, le plus fréquent est dit « indépendant » ou « autonome » ; l'autre est dénommé « dépendant » mais est beaucoup plus rare. 

Fondation de type « autonome » ou « indépendant »

A peines fécondées, les jeunes reines s'agitent fébrilement essayant de s'arracher les ailes. Quand elles sont parvenues à s'amputer de ces appendices devenus inutiles, elles cherchent avec insistance une cavité pour s'isoler et s'enfouir : trous sous une pierre, ou au pied d'une plante, dans lesquels elles s'enferment en barricadant complètement les orifices. Cette réclusion durera le temps de l'apparition des premières ouvrières.

Pour palier au manque de nourriture, il faut savoir que les jeunes reines ont quittées leur nid le jabot plein ; mais surtout, elles peuvent mobiliser une grande masse de substances nutritives grâce à l'involution de leurs muscles alaires.

Après un mois, on observe les premiers œufs qui sont très peu destinés à devenir larves, en effet la reine s'autoalimente avec et les autres sont mangés par les premières larves écloses.

La nymphe est entourée d'un cocon de soie que la reine ouvre avec ses mandibules quand elle arrive à maturité.

Les nouvelles ouvrières sont toujours chétives et de faible taille, elles sortent chercher de la nourriture dès qu'elles sont à maturité et se substituent peu à peu à la reine pour le soin du couvain.

Fondation de type « dépendant »

Le parasitisme social

Certaines reines doivent nécessairement recourir à l'aide d'ouvrières d'espèce différente pour fonder une colonie de leur propre espèce.

On peut distinguer deux gradations dans le parasitisme social. La première est dénommée parasitisme temporaire ; elle est le fait d'espèces capables d'élever par elle-même leur progéniture une fois passé le cap difficile des débuts de la jeune colonie ; dans ce cas, la jeune reine ne parasite que temporairement une fourmilière d'espèces différentes. La seconde gradation représente le terme extrême des fondations dépendantes, il s'agit de fourmis pratiquant un parasitisme permanent ; leur morphologie aberrante et dégradée témoigne d'une longue adaptation à la vie parasitaire.

L'esclavagisme

Les fondations dépendantes apparaissent comme une conséquence de l'incapacité de certaines fondatrices d'établir toutes seules une nouvelle colonie.

La plupart de ces fondations nécessitent le recours à la violence. Souvent, la jeune reine pénètre dans une colonie d'espèces esclaves, vole des cocons dont elle s'entoure et massacre les ouvrières qui veulent l'attaquer ; bientôt, celles-ci finissent par la tolérer et les ouvrières qui naîtront des cocons la soigneront comme leur propre mère et élèveront son couvain.

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