Formica nigricans

(Emery, 1909)

Ouvrières

L. 4-9 mm, comme rufa, mais les grands individus n'ont parfois que 6 à 8 mm. N'offre aucune différence constante avec rufa. La couleur est souvent un peu plus foncée, mais ne peut servir à déterminer l'espèce.

   

Reine

L. 9-11 mm. Gastre mat, tergites du gastre sans poils latéraux. A part cela, très proche de rufa.

   

Mâle

L. 9-11 mm. Se distingue surtout par les joues et leur pilosité.

 


Commune dans presque toute la France tempérée ou froide. Contraire­ment à rufa, trouvée parfois même dans la région méditerranéenne : Hérault : la Salvetat (Lightensein), environs de Marseille (F. Bernard). Toutefois, n'habite dans cette zone que des massifs ou des prairies bien arrosés, et n'abonde réellement qu'en dehors du domaine de l'Olivier. Atteint rarement les mêmes altitudes que la précédente en montagne : habituellement nulle au-dessus de 2 000 m et rare au-dessus de 1 800. Je l'ai prise à 1 900 m au val Cluozza (Parc National Suisse) et même à 2 300 m à Zermatt (Valais), mais ces deux stations offrent des chalets très fréquentés par les touristes, ce qui facilite l'introduction et la persistance d'Insectes des vallées.

Presque toute l'Europe centrale, Apennins, Pyrénées (peu commune). Répartition en Italie du nord : fig. XXXVII. Pas rare en Espagne (formes dusmeli Em. et cordieri Bondr.). Limite nord moins élevée que celle de rufa : en Angleterre, n'occupe que le centre du littoral sud : en Scandina­vie, extrême-sud seulement. Russie, Asie tempérée froide jusqu'à Sakha-line (2).

Biologie

Sous le nom de F. pratensis, divers auteurs, et surtout Forel, Donisthorpe et Yarrow (1910) ont observé les mœurs d'un Formica dont l'identification actuelle est douteuse. Yarrow pense qu'il s'agit plus souvent de lugubris que du vrai nigricans. En effet, ce dernier, au moins en Angle­terre, fait des nids très polycaliques où les reines sont rares, tandis que rufa et lugubris ont des sociétés très polycaliques et à reines abondantes. Il semble que l'adoption de nouvelles reines jeunes soit ici bien plus rare que chez les deux congénères cités.

Gôsswald et Bier (1954) ont prouvé que cette espèce (nommée pratensls Retzius) n'a pas le dimorphisme saisonnier des larves constaté chez F. rufa. Mais l'alimentation influe très probablement sur l'apparition de sexués ou d'ouvrières.

F. nigricans n'est pas rare dans les bois, où ses nids sont généralement plus petits que ceux de rufa et composés de matériaux plus grossiers, notam­ment avec fragments de bois, petits cailloux, rameaux, brindilles de Gra­minées, etc. Mais l'habitat typique est dans les prairies, les clairières, souvent aussi au bord des routes en lieux très peu herbus. Il est fréquent de trouver des sociétés sous les pierres, cas exceptionnel chez les formes voisines. Fécon­dité plus faible que chezrufa, néanmoins nids plus polycaliques, avec chemins recouverts de terres entre les divers monticules. Les prairies en pente, sur sols calcaires assez secs, paraissent les plus peuplées.

Bibliographie


LES FOURMIS D'EUROPE - FRANCIS BERNARD

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