Solenopsis monticola

(Bernard, 1950)

Ouvrières

L. 1,8 à 2,8 mm, donc un peu plus grandes que fugax et que la plupart des espèces précédentes, sauf robusta. 
Tête des major : longueur 0,54 à 0,60, largeur 0,50 à 0,55, rapport 1,08 à 1,10 (intermédiaire entre les précédents et celui de fugax).

Corps plus foncé que chez les espèces précédentes : en entier jaune bru­nâtre peu luisant ou jaune-orangé, la tête des major souvent brun jaunâtre sur les deux tiers postérieurs et l'aire frontale, parfois aussi claire que le reste, avec gros points espacés et une ligne médiane lisse. Dents clypéales toujours courtes, parfois nulles Quatre dents, courtes mais fortes.

La structure des yeux des ouvrières du Vercors (3 à 9 facettes) a été décrite sons le nom inexact de S. fugax (F. Bernard, 1937). L'ommatidie est très courte, élargie, à rhabdome énorme, et donne sans doute une simple sensation de lumière plus que des images nettes. Comme chez les Coléoptères microphthal-mes, ces dispositions doivent probablement varier avec les races géographiques.

Reines

L. 6-6,2 mm, donc un peu plus grande que chez fugax. Tête noir brun foncé, et non brun rouge comme celle de fugax. Dents du clypéus, à Lyon, semblables à celles de fugax : deux dents courtes ; chez les Ç des Pyrénées centrales et de Suisse, il y a 4 dents fortes. Epinotum (fig. 179). En plus des caractères du tableau, signalons que le pétiole, de profil, est aussi haut que long et densément poilu (plus long que haut et peu poilu chez fugax).

Mâle

Mésonotum court, densément sculpté : à l'avant,4fins sillons longitudinaux, peu visibles, leurs intervalles ponctués. Une aire ovale lisse au milieu, avant le niveau des tegulae, cette région striée sur les côtés. La moitié postérieure chagrinée-striolée, sauf en un espace ovale lisse au milieu du bord postérieur. Pétioles en grande partie lisses, sauf quelques stries sur le tiers inférieur des côtés de l'épinotum. Profil des pétioles très voisin de celui figuré ici pour S. duboscqui, sauf pour la face antérieure du nœud du pétiole, qui est très concave ici et faiblement chez duboscqui.
L. 4,6 mm

Dans l'ensemble, S. monticola ne se rapproche de fugax que par les carac­tères des femelles. L'ouvrière et le mâle la placent dans un groupe ibéro-mauritanien comprenant S. latro Forel, d'Afrique du Nord et de Sicile, S. banyulensis déjà cité, de Banyuls, Lyon et Suisse et S. lusitanica Em. d'Espagne, du Maroc et des Canaries. Mais S. latro et lusitanica ont des ouvrières nettement plus petites et à yeux plus réduits. Au contraire, le groupe fugax (autant qu'on puisse en juger d'après la systématique provisoire des formes asiatiques) est répandu depuis le Japon jusqu'en France et domine en Asie centrale : en Europe, il est beaucoup plus commun en Italie qu'en Espagne. Ces deux origines différentes sont une raison de plus pour séparer fugax et monticola.

Probablement toute la France, depuis le littoral méditerranéen jusqu'aux montagnes, mais surtout commun en régions froides, où il a bien moins de concurrents de son genre. Voici les localités certaines :

Pyrénées-Orientales : Banyuls, plage du Troc (F. Bernard), Las Illas (Le Masne) ; Var, Fréjus, rare (F. Bernard), Callian (L. Berland) ; Alpes-Maritimes : Peille (F. Bernard), Tourrette-sur-Loup (Colling-wood) ; Basses-Alpes : Jausiers (F. Bernard) ; Maine-et-Loire : Pontigné (De Gaulle) ; Rhône : Lyon (Grilat) ; Haute-Saône : Gray (André) ; Drôme : La Chapelle-en-Vercors (F. Bernard). Suisse : canton de Vaud et Ziiriberg (Forel), Unterbàch (Valais, F. Bernard). Espagne : Cadaquès, en Catalogne (Delamare). Italie : Ligurie, Trieste (Orioli, 1947). A chercher dans toute l'Europe.

Biologie

Fourmilières en général médiocrement peuplées, situées sous les pierres, avec préférence pour les sols peu inclinés et calcaires. Très rarement mélangé avec d'autres Fourmis. Bien que des stations littorales soient connues, l'optimum est en montagne, de 800 à 1 500 m. D'après Collingwood (1956), se trouve à Tourrettes-sur-Loup plutôt en altitude, les basses régions étant peuplées par S. robusta, nicaeensis et laevithorax. Les dents clypéales des ouvrières et eines sont assez variables, mais il existe toutes sortes de transitions entre les formes extrêmes.

Bibliographie

Les Fourmis d'Europe - Francis Bernard

 

Up

RETOUR